Lu et apprécié par Ophelie

Betty

Tiffany McDaniel (trad. François Happe), éds. Gallmeister


Inoubliable : ce mot à lui seul résume la puissance de ce roman.

Betty, c’est Betty Carpenter, fille née au milieu d’une fratrie de huit enfants, d’une mère blanche et d’un père Cherokee. Lumineux, son père lui conte mille et une histoires, et la jeune fille grandit la tête dans les étoiles et dans un monde plein de rêves. Mais tout le monde sait que la réalité n’est pas un conte, et Betty voit peu peu son monde se déchirer en une réalité brusque. Bien sûr, elle n’est pas seule. Elle a des frères et soeurs, tous différents, tous uniques. Et surtout, elle a un père : son père est celui qui sauve la famille, que ce soit des grands maux (il travaille dur chaque jour) mais aussi des petits maux (un bobo à la tête est lié à la nature et donc peut disparaître par magie si on y croit).

 

L’histoire de Betty n’est pas banale, elle est portée par des personnages merveilleux. Mais le merveilleux cache une part sombre, dure : Betty est une jeune métisse dans une société de haine. La jeune fille enterre chaque poison raciste, chaque secret de famille dans un bocal sous terre pour que ces douleurs restent loin de la réalité.

La vie de la famille Carpenter est loin d’être féerique, mais l’innocence de Betty, la poésie de ses pensées et la douceur de son père en font un roman prodigieux et lumineux. C’est assurément un grand livre, dont on pourrait parler pendant des heures.