Lu et apprécié par Romain

Circé

Madeline Miller, éditions Rue Fromentin


Circé, c’est la mère de toutes les sorcières, le mythe fondateur, celle par qui tout arrive : les Mélusine et autres Morgane (car entre fées et sorcières, la frontière reste floue), les bûchers, les Jeanne d’Arc, les rousses et la voisine de ma grand-mère. Mais Circé, c’est bien plus que ça : cette nymphe, vilain canard d’une famille déclassée (son père s’est fait piquer son boulot par Apollon), transformera une lointaine cousine en monstre par jalousie amoureuse, allant jusqu’à se faire craindre des dieux eux-même. Condamnée à l’exil, elle transformera les marins perdus en porcs (une femme terriblement moderne, vous dis-je) et tombera amoureuse d’un homme marié célèbre, qui prétendra se nommer « personne » (comme c’est pratique…), qu’elle ne transformera d’ailleurs pas en jambon (allez comprendre). Vous connaissez l’histoire, en tout cas cela vous rappelle de lointains souvenirs. Madeline Miller, auteure du Chant d’Achille, nous régale avec cette madeleine de Proust mythologique. Point de sacrifices, les augures ont parlé, les dieux sont avec nous, Mme Miller nous assure une lecture estivale réussie.