Lu et apprécié par Ophelie

Dévorer le ciel

Paolo Giordano (trad. Nathalie Bauer), éditions du Seuil


Voilà un titre magnifique pour une écriture éblouissante.

Teresa, 14 ans, passe tous ses étés chez sa grand-mère, dans le cœur des Pouilles italiennes. Une nuit, dans l’obscurité de la nuit, elle voit trois jeunes garçons plonger dans la piscine de sa famille. Fascinée par leur audace, elle y pense toute la nuit. Le lendemain, elle rencontre le plus jeune, Bern, venu s’excuser de leur escapade auprès de sa grand-mère. Teresa va rapidement être liée à ces trois garçons et passer son temps à la ferme voisine, gérée par Cesare, le père des trois enfants. Elle, la jeune citadine, découvre un monde inconnu. Une micro-société où Cesare et sa famille vouent un culte à la Nature, un véritable don de Dieu. Bern apprend à Teresa que tout ce qu’elle mange nous est offert, que chaque animal a sa place au sein d’un équilibre très précaire que nous devons préserver. Et voilà le début d’une merveilleuse histoire d’amour et d’amitié. Chaque été, Teresa vient retrouver ses compagnons, et entretient son amour naissant pour Bern.

Jusqu’au jour où le groupe fera une bêtise qui gâchera leur vie à jamais, fracturera pour toujours les trois frères, qui s’enfermeront dans ce qu’ils possèdent de plus radical en eux. Toute leur vie, ces quatre jeunes gens vont se trahir, s’aimer, se manquer, s’oublier, et surtout, être liés par une union indéfectible.

Ce roman est tout simplement brillant. Il nous plonge dans son charme indescriptible, et il est très difficile de s’arracher de Teresa, Bern, Tommaso et Nicola. Avec une narration parfaitement menée, Paolo Giordano prouve une fois de plus son immense talent littéraire.