Lu et apprécié par Romain

Dossier Kastor

Catherine Fradier, ed. Au Diable Vauvert


Lauren Valance se retrouve commissaire à l’énergie atomique suite à un accident de carrière, et grâce à certains appuis politiques familiaux (toute ressemblance avec les mœurs politiques actuelles pourrait sembler fortuite). Les méandres de Bruxelles et ses vicissitudes, ainsi que le poids du lobbying français dans ce domaine, auraient dû faire de cette fille à papa une marionnette docile. C’est sans compter avec son caractère bien trempé. Face à cette résistance inédite, les pièges de la capitale belge se referment sur elle. Pressions diverses, politiques, industrielles et familiales, rien ne lui sera épargné. En parallèle, les services secrets européens, sous la forme d’un duo vieux briscard/jeune dévergondée, enquêtent sur l’étrange disparition de l’ex-compagnon de la commissaire en question, et là ça commence à puer l’embrouille. Lorsqu’une jeune femme, spécialiste du combat pied/point et écologiste radicale entre dans la danse, on imagine que chacun aura du pain sur la planche : faire exploser ou ne pas faire exploser une centrale nucléaire drômoise, telle est la question. Bref, un beau sac de nœuds fort bien documenté, dans ce polar aussi rock’n’roll que son auteure. Récompensée des plus grands prix français dans ce domaine, Catherine Fradier nous démontre une fois de plus son immense talent dans ce one-shot survolté à l’énergie nucléaire. Des femmes à poigne donc, quel que soit leur rôle, femme politique ou écoterroriste, nous démontrent que l’avenir de l’homme est la femme, et ce n’est pas plus rassurant que ça. Mention spéciale pour la fin en apothéose qui nous laisse sur le cul (et c’est un euphémisme) ! Une raison supplémentaire, si c’était nécessaire, de changer de fournisseur d’électricité pour Enercoop.