Lu et apprécié par Charlène

Encore

Hakan Günday, ed. Galaade


Hakan Günday revient avec un roman percutant, et ce dès la première phrase : « Si mon père n’avait pas été un assassin, je ne serais pas né. »

C’est d’un sujet d’une triste actualité dont le jeune auteur turc s’est emparé dans Encore, puisque le père de son narrateur, Gazâ, est un passeur de clandestins. Violent et tyrannique, l’homme contraint son fils à l’assister dans son commerce (in)humain dès l’âge de neuf ans. Non seulement Gazâ grandit auprès d’un père passé maître dans l’art de l’humiliation, mais il comprend très vite que, tout garçon qu’il est, il a un pouvoir de vie et de mort sur des gens, et que ceux-ci le considèrent comme un monstre. Comment alors se construire en tant qu’homme ?

On retrouve dans ce nouveau roman des thèmes récurrents dans l’œuvre de Hakan Günday : l’absurdité des frontières, la folie, les personnages en marge de la société au destin brisé par leur condition. Et toujours cette écriture splendide, celle d’une œuvre qui, foi de libraire, survivra aux années.