Lu et apprécié par Ophelie

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Lídia Jorge, éditions Métailié (trad. Marie-Hélène Piwnik)


Sans aucun doute, Lidia Jorge sait sonder les méandres du cœur humain avec une sincérité poignante et une poésie singulière.

Edmundo a vingt-sept ans, il vient de rentrer une main en moins d’une mission humanitaire dans la maison familiale, avec pour ambition d’écrire un roman homérique : ses envolées lyriques sont retranscrites avec une passion non-feinte, l’imprécision de ses idées reflète la grandeur du roman rêvé. Mais il ne réalise pas que sa famille est déjà un grand roman. Car tous sont réunis contre leur gré dans cette grande demeure. Au centre, la sœur d’Edmundo, Charlote mène la famille à sa perte à cause d’une idylle amoureuse passée. L’auteure tisse ici avec une habileté déconcertante un roman polyphonique où se relient tous les frères et sœurs, les préoccupations purement matérielles d’un Portugal à peine esquissé en pleine crise et les tourments métaphysiques de l’écriture et de l’amour : voilà une plume capable de pénétrer l’irrationnel et les failles du monde.