Lu et apprécié par Adrien

Feminicid

Christophe Siébert, aux éditions du Diable Vauvert


   Depuis son livre précédent, Christophe Siébert (prix Sade 2019) explore les tréfonds décadents de l’état fictif de Mertvecgorod situé entre l’Ukraine et la Russie. Après le recueil de nouvelles Image de fin du monde, cet univers ultra-violent et nihiliste de dystopie post-soviétique nous est décrit dans Feminicid à travers l’enquête d’un journaliste sur une série de féminicides. L’enquête va le mener à entrevoir quelques-uns des secrets et mystères les plus sombres de Mertvecgorod. Ce livre se structure comme un portfolio composé d’entretiens, d’articles de presse, d’articles Wikipédia, d’extraits de textes diverses, de notes journalistiques, nous montrant l’avancée de l’enquête. Cette structure atypique est extrêmement bien maîtrisée, la lecture est fluide et agréable. Sur certains aspects, Siébert se montre plus pudique que dans ses précédents ouvrages qui étaient parmi les plus trash que nous ayons pu lire ces dernières années (attention ce livre reste destiné à un lectorat averti). Dans Femincid tout est fait pour travailler et sublimer le fantasme. Plus on en apprend avec l’enquête, plus on se heurte aux non-dits, plus on veut en savoir sur elle, mais aussi sur les mystères de ce lieu cauchemardesque.

   Feminicid est la porte d’entrée idéale pour découvrir Mertvecgorod tant nous en apprenons sur son histoire, ses personnalités, sa pourriture. C’est un livre qui se dévore jusqu’aux dernières pages. Une fois la lecture finie nous avons une seule envie : continuer d’explorer cet univers décadent dans le prochain ouvrage de Christophe Siébert que nous pouvons déjà attendre avec impatience.