Lu et apprécié par Ophelie

La fille du cryptographe

Pablo de Santis, éditions Métailié


Cryptographie, nom féminin : ensemble de procédés visant à crypter des informations pour en assurer la confidentialité entre l’émetteur et le destinataire.

Miguel est né avec un trouble de l’audition qui l’a obligé à décrypter chaque signe pour communiquer avec ses pairs. Obsédé par les langues anciennes et perdues, il commence à suivre le cours de Colina Ross, éminent chercheur tout aussi oublié que les langages qu’il enseigne. Lors d’une manifestation, il rencontre Eleonora, une jeune fille mystérieuse et rousse avec qui il va tisser des liens très forts.

Les deux vont alors créer un Cercle des Cryptographes autour de leur passion commune et des travaux secrets de Colina Ross. Mais bientôt, le Cercle s’élargit et laisse de plus en plus de place à des hommes dont les idées ne plaisent pas au régime en place. Miguel devient spectateur d’une résistance farouche, et bientôt, le groupe d’étudiants est fait prisonnier : chacun, au fond d’une cave, doit décrypter des messages pour le compte de la dictature. Le déchiffrage devient un point essentiel de la répression avec des conséquences directes dans la vie réelle, mais sans que jamais ni les personnages ni le lecteur ne perçoivent les effets dévastateurs d’un simple décodage. Miguel, dont le don principal est de percer les secrets, devra apprendre à se taire…

Ce livre est magistral. Sans être un roman politique, il intègre à la perfection une discipline précise dans un contexte plus large. Aucun terme n’est pédant. Tous les personnages sont attachants, en particulier Miguel, spectateur de sa propre existence. L’imaginaire propre à l’écriture sud-américaine est parfaitement retranscrit, dans un style magnifique, avec une intrigue impeccable.