Lu et apprécié par Roxane

La lumière de la nuit

Keigo Higashino, ed. Actes Sud


Il est vrai que depuis ma lecture de La maison où je suis mort autrefois, beaucoup de polar m’ont parus bien fades. Le risque étant, pour le petit (de 700 pages !) nouveau de Keigo Higashino, de ne pas réussir à surpasser voir seulement d’égaler ses précédents romans. Pari tenu, puisque La lumière de la nuit est un grand polar finement construit, au rythme soutenu par une maitrise de ses personnages qui frôle la perfection, en toute objectivité bien entendu.

L’histoire débute assez simplement : un jeune garçon découvre le corps sans vie d’un prêteur sur gage d’Osaka, la possibilité du suicide étant évincée, l’inspecteur Sasagaki est dépêché sur les lieux et mène l’enquête. Pourtant cette dernière piétine :  les principaux suspects, la femme et la maîtresse respectives de la victime, ont chacune un alibi. Plusieurs mois passent, la maitresse du prêteur sur gage est alors retrouvée morte dans d’étranges circonstances, l’affaire finie par être classée sans suite. L’intrigue se tourne alors vers la jeune Yukiho, orpheline depuis la mort de sa mère, élève brillante et discrète, en contre partie, Ryõji le fils du prêteur sur gage trempe dans des affaires plutôt louches. Rien ne semble les lier excepté leur passé, pourtant les personnes les approchant d’un peu trop près sont toutes victimes d’un sort sordide. Sasagaki proche de la retraite, continue de suivre de loin leur ascension sociale tout en continuant l’enquête à titre privé. Et la longue descente aux enfers peut commencer.

Ce qui fait la force de La lumière de la nuit est sa construction épineuse et passionnante, on ne rencontre pas moins de quinze personnages différents, chacun tel une pièce de puzzle donnant forme petit à petit au dénouement final, sans précipitation ni facilité. Keigo Higashino marie parfaitement intrigue policière et contexte historique, le Japon des années 80, les débuts d’internet et de l’informatisation des entreprises et des particuliers donne de l’ampleur à l’histoire. Pour conclure, ce roman de 700 pages n’a pas fini de vous étonner tant il est riche en rebondissement, la lecture idéale pour les longues journées d’été.