Lu et apprécié par Romain

Le météorologue

Olivier Rolin, ed. Seuil-Paulsen


Rares sont les romans mêlant qualité d’écriture, intelligence des propos, dépaysement et histoire extraordinaire. Certains d’entre vous avaient été conquis par Peste et choléra de Patrick Deville. Le parallèle me paraît évident entre ces deux romans.

Bien sûr, l’histoire est tragique : un météorologue russe, Alexeï Féodossiévitch Vangengheim (je ne le répéterai pas), communiste convaincu, grand prêtre de la météorologie russe, écologiste avant l’heure, fera partie des millions de victimes du système stalinien. Vous ne le connaissez pas ? C’est normal et cela n’a que peu d’importance,  puisque Rolin, de son propre aveu, l’utilise comme faire-valoir pour nous parler de cette période où l’espérance d’un monde meilleur a fait se tourner vers l’Est des millions de personnes, et où des millions d’anonymes périrent des mains même de ceux qui étaient censés les sauver.

A partir de la correspondance retrouvée de ce météorologue avec sa famille, Rolin explore l’espoir et la désillusion d’un peuple. Aidé par des descriptions à couper le souffle d’une terre millénaire et de propos d’une grande intelligence sur la Russie contemporaine, Rolin réussit ici un coup de maître.