Lu et apprécié par Romain

L’infinie comédie

David Foster Wallace, ed. de l'Olivier


Certains sont capables de parler de livres qu’ils n’ont pas lus . Je me limiterai à l’exercice de parler d’un livre que je n’ai pas encore terminé. Une fois cela posé et ma réputation de libraire mise en jeu, voici l’objet du délit : L’infinie comédie de David Foster Wallace, traduit par Francis Kerline (chapeau bas l’artiste !). Alors je vous le demande : comment puis-je survivre à cet aveu ? Est-il besoin d’avoir lu toute la Recherche du temps perdu pour humer le parfum de génie qui s’en dégage ? Ma réponse est non. David Foster Wallace nous a pondu un p*** de chef-d’œuvre.

Imaginez : dans un futur proche (on pourrait presque dire actuellement puisque le roman a été écrit en 91), une famille à la limite de l’implosion, avec ses personnages tous plus fous les uns que les autres dont, Mal, ado surdoué en tennis mais pas que. Tous se retrouvent menacés par des indépendantistes québécois. L’objet de cette traque : une vidéo tournée par le père, réalisateur underground, dont le visionnage rend mortellement accroc. Ajoutez à ce scénario une écriture incroyable, des dialogues enlevés, une narration à tomber par terre. Mais que diable allais-je faire dans cette galère de 1487 pages aussi addictives que cette fameuse vidéo ?

Vous aimez la grande littérature, vous ne vous nourrissez que de chefs-d’œuvre, vous partez un ou deux mois sur une île déserte ? Ce livre est pour vous ! Mais je vous préviens : le premier qui me dévoile la fin du livre sera maudit sur plusieurs générations.