Lu et apprécié par Ophelie

Poussière dans le vent

Leonardo Padura, (trad. René Solis), éds Métailié


« Qu’est ce qui nous est arrivé ? » : voilà la question qui revient sans cesse dans ce magnifique roman, par des personnages cubains séparés à travers le monde par le destin et par la nécessité.

Tout démarre aux Etats-Unis en 2016, lorsque Marcos, amant cubain d’Adela, jeune new-yorkaise, montre, heureux, une photo de sa mère dans les années 1990 avec tous ses amis, maintenant dispersés à travers le monde. La surprise d’Adela est immense : elle reconnait sa propre mère sur la photo… Quel passé lui a-t-elle caché ?

Et nous voilà partis à Cuba en 1990, où nous faisons connaissance avec le Clan, ce groupe d’amis éclectique, attachant, agaçant parfois, mais profondément humain. Clara, le centre de gravité, mariée à Darío, enfant pauvre devenu médecin, meilleur ami d’Horacio, physicien coureur de jupons, Bernardo l’alcoolique, marié à Elisa la mystérieuse, femme secrète, séductrice, Irving, le confident, le meilleur ami, et Walter, l’artiste insupportable. Ce soir de janvier 1990, c’est l’anniversaire de Clara, c’est aussi la dernière fois qu’ils seront tous réunis. Dans les jours qui vont suivre, le drame survient, et la traumatisme restera.

Tous vont tenter de réchapper aux souvenirs à leur manière. Tous vont fuir Cuba et ses privations perpétuelles, la faim permanente et le manque d’avenir. Mais aucun n’oubliera sa terre natale, parce que lorsqu’on naît cubain, on reste cubain.

Difficile de résumer un tel roman : les personnages nous hantent bien après la fermeture du livre. Des personnages banals, mais secoués par l’Histoire qui les dépasse : l’exil est raconté avec une justesse rare, l’amour et l’amitié comme des sentiments complexes, humains et sublimes.

On ne peut qu’être foudroyés par une telle plume, une telle histoire, de tels personnages !