Lu et apprécié par Roxane

Samouraïs

Saeki Shin'Ichi et Pierre-François Souyri, éditions Arkhe


Le Japon a toujours fasciné, et fascine encore, bon nombre d’entre nous. Sa culture, mais aussi son histoire, suscitent toujours autant l’intérêt des aficionados comme des universitaires. Cependant, au milieu des dizaines d’ouvrages concernant l’art du thé, de l’Ikebana et les Samouraïs, il n’est pas évident de savoir par où commencer. Concernant les Samouraïs, vous pouvez d’ores et déjà vous tourner vers l’ouvrage de Saeki Shin’Ichi (spécialiste du Japon médiéval et universitaire) et Pierre-François Souyri  (spécialiste de l’histoire du Japon et ancien directeur de la maison franco-japonaise à Tokyo) : une petite merveille pour toute personne s’intéressant de près ou de loin au guerrier emblématique nippon.

L’ouvrage retrace le plus fidèlement possible la création et l’ascension des Samouraïs à travers les âges, en s’appuyant sur l’un des textes les plus emblématiques des récits guerriers : Le dit des Heiké. L’histoire débute au VIIème siècle, où de petits notables tentaient de rétablir l’ordre dans les provinces, et n’étaient pas encore considérés comme des guerriers. Puis, elle nous entraîne au XIème siècle, où deux clans, Taira et Minamoto, se livrant à une guerre sans merci dans le but de dominer la cour impériale, firent naître ce que l’on nommera par la suite le bushido ou voie du guerrier. Les deux spécialistes brossent un portrait détaillé, tout en nuances, d’une figure symbolique du Japon, finalement assez méconnue de tous. Jusqu’ici rien de bien nouveau, me direz-vous, puisque les études et récits historiques concernant les Samouraïs sont légion. Mais la subtilité de cet ouvrage tient dans le fait qu’il n’est teinté d’aucun romantisme, ni vision fantasmée du soldat. Les divers codes d’honneur mentionnés dans la littérature et au cinéma, faisant du Samouraï un être dépourvu de vices, au service d’une morale implacable, sont souvent une vision édulcorée de la réalité.

Si l’ouvrage souhaite rendre plus authentique la vision de ce qu’était un Samouraï, s’éloignant ainsi du mythe qu’il est devenu à travers les âges, les deux auteurs n’en font en aucun cas le procès. Il s’agit au contraire d’ancrer ce guerrier dans le réel et ce qu’il était certainement :  le simple reflet de la société Japonaise.