Lu et apprécié par Anne Gilbert

Sauvagines

Gabrielle Filteau-Chiba, aux éditions Stock


Raphaëlle est garde-forestière sur les terres de la Couronne du Haut-Kamouraska au Québec. Son travail consiste à protéger la faune, notamment en contrôlant les permis de chasse et en tentant d’empêcher le braconnage. C’est un travail difficile, surtout qu’elle n’est pas très accompagnée par sa hiérarchie et son gouvernement. Mais elle aime son travail et son mode de vie isolé de la société, seule dans sa roulotte avec sa chienne, Coyote.

Malheureusement, son quotidien est chamboulé le jour où elle retrouve sa chienne empêtrée dans des pièges tous plus interdits les uns que les autres, beaucoup trop près des zones résidentielles. Les blessures de Coyote ainsi que le mépris des règles dont a fait preuve le braconnier à l’origine des pièges mettent Raphaëlle dans une colère noire. Alors qu’elle tente de l’identifier pour l’emmener devant un tribunal, celui-ci utilise des manières beaucoup moins conventionnelles (voyez là un euphémisme) pour lui faire comprendre qu’il aimerait qu’elle arrête de fouiner.

De traqueuse, Raphaëlle devient traquée, exilée de chez elle. En nouant et renouant différentes amitiés, elle va fomenter une revanche, car elle ne peut laisser cet homme chasser à outrance aussi impunément.

L’autrice nous fait plonger dans cette forêt québécoise avec un style hypnotisant et fluide. L’ambiance de la nature et les sentiments humains sont retranscrits avec une justesse étonnante, et on découvre dans ce livre une façon de penser, de parler et de vivre qui nous éloigne de nos habitudes. Une vraie pépite !