Lu et apprécié par Romain

Sigma

Julia Deck, ed. de Minuit


Quand vous m’entendrez dire, d’un air blasé, que les écrivains français savent écrire mais qu’ils n’ont pas grand chose à dire, ce n’est pas à Julia Deck que je penserai. Quand vous m’entendrez vilipender la sélection des grands prix littéraires pour les même raisons, c’est aussi parce que Julia Deck n’y est pas (sauf dans le nôtre évidemment). Alors que la rentrée littéraire bat son plein, les lecteurs que nous sommes ne devraient-ils pas pouvoir exiger à minima la présence d’une narration originale, d’une écriture racée et bien entendu d’une histoire qui nous emporte ? Julia Deck réunit cette triple exigence dans son dernier roman, le bien nommé Sigma.

Sigma, organisation supranationale de l’ombre (ami(es) conspirationniste(s), nous avions raison), s’immisce dans notre quotidien , et tente d’orienter (jusqu’ici avec succès), les goûts et désirs des masses laborieuses dans un but… qui nous échappe. On nous cache tout, on ne nous dit rien, vous dis-je. Lorsque l’œuvre d’un  peintre suisse et décadent (antinomie ou pléonasme, je vous laisse choisir) menace de ressortir de l’ombre suite à la découverte d’une nouvelle toile, Sigma se doit d’agir. Disposant de moyens financiers et humains quasi-infinis, vous assisterez à une mission parmi tant d’autres (vous laissant ainsi imaginer les capacités de nuisance de l’organisation susdite). Vous ne regarderez plus jamais vos secrétaires, employés de maison et autres larbins de la même manière. Ils sont partout, méfiez-vous !