Lu et apprécié par Salomé

Térébenthine

Carole Fives aux éditions Gallimard


Elle rentre aux Beaux-Arts de Lille et rêve de devenir artiste peintre. Peut-on encore être artiste peintre aujourd’hui, n’est-ce pas trop désuet, dépassé voire méprisé ?
Elle et ses deux amis, Luc et Lucie, sont persuadés que oui, c’est encore possible. Les ateliers de peinture sont délocalisés dans les caves, ils passent donc tout leur temps dans ces pièces humides qui sentent la peinture à l’huile et le White Spirit, ce qui leur vaudra le surnom de « Térébenthine ». Nous suivons avec elle ces trois années où la passion pour la peinture est au centre de sa vie. Nous découvrons ses cours d’histoire de l’art, aussi intéressants que lacunaires, ses doutes et ses espoirs, ses pannes d’inspiration et ses fulgurances.

Un roman passionnant sur l’art, son histoire et la manière dont on le perçoit. Qui serait prêt à lui sacrifier sa vie aujourd’hui ?
C’est aussi un texte sur la mutation de notre narratrice, lorsqu’elle décide d’abandonner son pinceau au profit d’un stylo. Elle a toujours cru qu’elle peignait parce qu’elle n’avait pas les mots, seulement les mots se sont fait de plus en plus présents, évidents. Carole Fives a un talent tout particulier pour nous plonger dans la réalité de ses personnages, elle brosse leur portrait avec justesse, humour et bienveillance, nous dévoilant leurs failles et leurs doutes.

Ce texte oscillant entre légèreté et gravité nous plonge dans le quotidien de ce trio de marginaux, tout en nous offrant une vraie découverte de l’histoire de l’art et une réflexion intelligente sur la condition d’artiste de nos jours.