Lu et apprécié par Anne

Toxoplasma

Sabrina "David" Calvo, éd. La Volte.


A Montréal, la jeune Nikki Chanson, vendeuse de vidéo club et détective pour chats à ses heures, se met en chasse d’un tueur de ratons laveurs, qui laisse sur les murs d’étranges symboles. Une enquête qui l’entraîne sur les traces d’une mystérieuse conspiration. L’affaire aurait-elle un lien avec ses visions répétées, au cours desquelles elle se voit évoluer au milieu d’une forêt virtuelle ?

Ça débute comme un polar ésotérique, résolument barré, sur fond d’insurrection : la Commune de Montréal, enclave révolutionnaire encerclée par les chars de l’armée fédérale canadienne, vit ses dernières heures. Les hackeur et les hackeuses, fer de lance de la résistance populaire, multiplient les « runs » et s’emparent des réseaux pour déjouer les complots du gouvernement et retarder l’attaque inévitable. Et pendant ce temps, étouffée par la chaleur estivale, la ville tourne au ralenti, sur ses stocks de vivres rationnées et d’idéaux vacillants.

De façon quasi psycho-géographique, le roman nous installe dans l’atmosphère suffocante de cette ville insulaire, sur le point de basculer. Il nous en fait ressentir le rythme, les lieux, évoquant également l’Histoire qui hante son architecture et ses habitants.

Bienvenue, donc, dans l’univers foisonnant de Sabrina « David » Calvo ! Un imaginaire qui emprunte autant à la littérature cyberpunk qu’au cinéma « bis » des années 80 ou à la culture hellénique ; qui nous mène, comme ses héroïnes, aux frontières du virtuel, du mythe et de la réalité, au fil d’une écriture vibrante et poétique.

Décidément, et si cela restait à prouver, la relève de la science-fiction française est assurée.