Mais quel immense plaisir de lecture ! Polina Panassenko a une grâce de la langue. Elle accorde une infinie attention aux mots, aux expressions et j’ai eu quelque part l’impression de redécouvrir la langue française en la lisant.
La narratrice va nous livrer des bribes de son enfance entre la France et La Russie où elle retourne en vacances chez son grand-père, jusqu’au jour où à 20 ans elle décide d’intégrer l’austère mais non moins prestigieux Théâtre National de Moscou. Entre les cours dans ce théâtre d’un autre siècle, les premières manifestations en 2010 anti-Poutine, et la vie feutrée et secrète de son grand père, nous découvrons une société toujours aux prises avec des automatismes d’obéissance, de méfiance, réminiscences de l’ancienne URSS. Et puis ces non-dits sur cet arrière, arrière grand-père, victime du stalinisme dans les années 1930. Le roman va alors glisser vers un travail de recherches d’archives pour enquêter sur le passé familial.
Un roman que j’ai trouvé merveilleux, et passionnant, avec une plume enivrante !