Il est souvent difficile de parler des livres de Louise Erdrich, tant l’atmosphère est particulière et riche. Celui ci n’échappe pas à la règle. C’est un roman à multiples tiroirs. On y explore les liens familiaux à travers un drame, le viol de la mère; on y traite de la complexité du système juridique au sein des réserves amériendiennes, complexité imposée par le gouvernement américain qui crée une ambiguité insoluble, une sorte de zone de non-droit dont les Indiens sont les premières victimes. Enfin Louise Erdrich nous parle avec beaucoup de délicatesse du passage de l’adolescence à l’âge adulte, à travers le portrait de Joe, le fils de la victime qui va vouloir retrouver l’agresseur de sa mère et va perdre ainsi toutes ses illusions. Un livre d’une rare intensité dans lequel se trouve une postface édifiante que je vous conseille vivement de lire.