Les romans épistolaires sont rares et celui-ci est d’une rare finesse. Je l’ai commencé dubitative, je l’ai fini profondément touchée.
Sybil Van Antwerp est une retraitée en apparence paisible. Après une longue et diligente carrière juridique, elle coule des jours tranquilles dans sa maison avec vue, entre jardinage, visites de sa famille, amis et voisinage, et correspondance. Car Sybil écrit beaucoup, et ce depuis l’adolescence. Deux à trois fois par semaine, elle consacre un temps dédié à cette correspondance (papier et numérique) – pratique jugée désuète par nombre de gens. Que ce soit à des proches ou à des célébrités (de l’autrice Joan Didion au réalisateur George Lucas), Sybil écrit le fond de sa pensée, car elle aime partager ses opinions et en débattre. Mais trois évènements vont perturber son quotidien : la baisse de sa vue, des lettres anonymes menaçantes et un cadeau de Noël aussi inattendu que bouleversant.
Le ton des lettres, leurs enjeux, les croisements entre certains destinataires : tout contribue avec brio à nous faire ressentir et comprendre les nuances du caractère de Sybil et l’évolution de l’intrigue. Au fil des lettres et du temps, se dessine le portrait de ce personnage incroyable, dans toute sa complexité et toutes ses failles – ô combien profondes. De situations compliquées en coups de théâtre, la vie de cette retraitée finit par nous captiver et nous émouvoir.