Lire ce livre a été un choc. On pense connaître le sujet de l’eau. À cause des canicule(s) presque tous les étés depuis 2003. Des restrictions d’eau souvent l’été, arbres qui sèchent et meurent. Des évènements de Sainte-Soline et les captations vidéos qui ont défrayé l’actualité, vite oubliées. Et des révélations sur l’empoisonnement aux PFAS, polluants « éternels ». On pense savoir. Mais c’est superficiel.
Cette formidable enquête, résultat de près de 3 ans de travail, expose comment 4 principaux secteurs non seulement s’accaparent l’eau, mais la transforment en business lucratifs qui profitent à quelques uns au détriment de tous. L’agriculture intensive et ses méthodes d’irrigation à tout prix ; les embouteilleurs qui drainent les eaux de source, malgré les conséquences désastreuses et sur le territoire proche, et sur la population locale ; le secteur du numérique, notamment les data centers (coucou l’I.A.), qui accroît les besoins en eau et en matériaux rares ; et enfin, le traitement de l’eau, polluée par les acteurs précédemment cités, qui fait croire à l’opinion publique que les technologies sont la solution à tout, technologies coûteuse bien sûr.
C’est écrit comme devraient l’être la plupart des essais d’alerte : de manière documentée, dense et facile à lire. Un livre d’utilité publique, que je vous recommande avec urgence.