Coup de cœur de Thaïs
Un texte incandescent à la frontière du journal intime et du manifeste accusateur. À travers des lettres, des poèmes et des images, Judith Godrèche exhume son passé, recomposant pièce par pièce son enfance volée.
La grande force du récit réside dans la dissection minutieuse et sensible des mécanismes de domination qui sont à l’œuvre au sein du cinéma. L’écriture agit comme un purgatoire : elle lui offre la possibilité de se réapproprier son image et de reprendre le contrôle de son récit en mettant en lumière les violences qu’elle a subies.
Pourtant, ce n’est pas vers le passé qu’elle se tourne mais bien vers le présent pour hurler sa colère et sa tristesse. Par la justesse de sa voix, elle rompt les silences, rappelle qu’elle n’était qu’une enfant et nous force à ne plus détourner le regard.