Il y a des légendes ou des corpus littéraires qui continuent de fasciner, encore et encore. Le roi Arthur, ses chevaliers de la Table ronde, Merlin et la fée Morgane, en font partie. Et j’ai personnellement un faible pour les réécritures de la légendes arthurienne. Mais après des années de romans et de nouvelles sur ce thème, difficile de ne pas se lasser… Jusqu’à ce roman (et un autre dont je parlerai une autre fois).
On y trouve Keu, le demi-frère d’Arthur (personnage boudé habituellement par les réécritures), chargé comme les autres chevaliers de revenir à la vie à chaque fois que le royaume de Bretagne est en péril. Sorti de la glaise et des racines d’un arbre millénaire, Keu affronte à chaque fois le pire de l’humanité : la guerre. Jusqu’à ce jour où rien ne se passe comme de coutume. Personne pour l’attendre devant son tertre avec un ordre de mission. Quant à l’air et au paysage, ils ont bien changé : le réchauffement climatique et les fractures géopolitiques sont passées par là… Les adversaires aussi, des écoterroristes aux magnats du pétrole et du gaz, en passant par les indépendantistes gallois ou le groupuscule raciste des Soldats de Saint-Georges.
Que faire ? Comment sauver la (Grande-)Bretagne, si tant est qu’il reste un pays à sauver ? De quel côté de l’échiquier placer sa loyauté ? Et surtout, faudra-t-il vraiment en venir à ressusciter le Roi Arthur ?
Un roman copieux, érudit l’air de rien, épique et fougueux, avec humour et une conscience aigüe des enjeux contemporains. Le tout avec des dragons, des épées et des incendies d’hydrocarbures. Une lecture magique !